L' AVC:une des pathologies les plus redoutées et à juste titre 

Mis à jour : 2 oct. 2019

Véritable problème de santé publique, l’AVC est au cœur des préoccupations de la population sénégalaise. Craint de tous, l’AVC demeure une pathologie qui occupe une place prépondérante dans les statistiques nationales et internationales. Selon une étude réalisée par INSERM en 2019, il existerait 1 cas d’AVC toutes les 4mn. L’AVC serait la première cause de handicap acquis de l’adulte et la deuxième cause de mortalité (1ère cause chez la femme).

Ce constat est vérifié au service de neurologie du Centre Hospitalier Universitaire de FANN à Dakar, ou plus de la moitié des patients présentent un AVC.

1/ QU’EST-CE QU’UN AVC ?

L’accident vasculaire cérébral ou AVC est une atteinte des vaisseaux sanguins responsables de la vascularisation (alimentation en sang, donc en oxygène et en nutriments) du cerveau.

Il peut être dû soit :

- à une artère bouchée, dans ce cas on parle d’AVC ischémique (AVCI)

- à une artère rompue entrainant un saignement, dans ce cas on parle d’AVC hémorragique (AVCH) Ces atteintes des artères provoquent une interruption de l’apport en sang entraînant souvent des troubles neurologiques irréversibles.

Le cerveau est un véritable centre de commande ; il est constitué de plus de 100 milliards de neurones et est de loin l’organe qui consomme le plus de sang de tout l’organisme (750 millilitres de sang chaque minutes, soit environ 15% du débit cardiaque). Sa vascularisation lui fournit alors le sang nécessaire au bon fonctionnement de ses lobes qui sont chargés des fonctions telles que le langage, la marche, la motricité, la sensibilité, la vision, l’audition, la mémoire, etc. De là, nous pouvons comprendre aisément qu’une atteinte d’un vaisseau chargé de vasculariser un lobe, entraine une atteinte de ce territoire et donc de sa fonction.



2/COMMENT RECONNAITRE UN AVC

Les signes d’un AVC sont nombreux et dépendent du territoire touché. Cependant, devant l’installation brutale des signes suivants, il faut penser à un AVC : - une suspension du langage (perte brutale du langage chez une personne qui parlait normalement ou une incompréhension des propos)

- un déficit moteur (une faiblesse musculaire d’un membre ou une chute brutale d’un côté)

- une déviation de la bouche (sourire déviée, le patient a du mal à souffler ou à siffler)

Il ne faut pas devant ces cas ci-dessus hésiter à amener la personne qui en souffre à l’hôpital(ou appeler1515)

s’il ne s’agit pas d’un AVC, personne ne vous en voudra et cela peut sauver des vies.



3 / LES CAUSES ET PERSONNES A RISQUES L’AVC est généralement considérée comme une maladie des personnes âgées et parfois à tort. L’AVC peut survenir à tout âge car même si l’âge moyen de survenue d’un AVC est de 74ans, 25% des patients ont moins de 65ans; et 10% moins de 45ans. Ces dernières années le nombre de cas d’AVC concernant des personnes jeunes a augmenté de manière significative. Les causes des AVC sont multiples. Pour L’AVC ischémique on peut citer:

- chez l’adulte: l’athérosclérose comme la cause principale. C’est la formation d’une plaque constituée de graisse, de sang, de tissu fibreux et de dépôts calcaires au niveau de la paroi interne des artères qui est favorisée par l’hypertension artérielle mal suivie, le diabète, l’hypercholestérolémie (taux élevée de cholestérol sanguin), la sédentarité, le tabagisme, le cancer.

- chez la femme en âge de procréer, les contraceptifs oraux peuvent entrainer la formation de caillots

- chez les jeunes, les cardiopathies emboligènes se trouvent être la principale cause. Ce sont des affections cardiaques qui développent des caillots pouvant migrer dans les artères du cerveau et les obstruer. Comme causes possibles de l’AVC hémorragique on peut citer :

- chez le sujet moins de 50 ans, une rupture d’une malformation vasculaire ou trouble de la coagulation - chez l’adulte : l’hypertension artérielle chronique, tumeurs cérébrales ...

La liste n’est pas exhaustive, mais le plus important à retenir est que l’AVC est une pathologie pouvant toucher tout le monde et le plus souvent de manière inopinée.

4/ LA PRISE EN CHARGE D’UN AVC

Il est bon de rappeler que la prise en charge se fait en milieux hospitalier. Le traitement est fonction de la cause, et on s’appesantit plus sur la recherche étiologique (recherche de la cause).

Le pronostic dépend des circonstances de survenue et de découverte.

Les plus chanceux et ayant assez de ressources financières peuvent prétendre à la thrombolyse qui n’est malheureusement pas disponible dans la plupart de nos hôpitaux, à cause du prix considéré comme élevé car 46,7% de la population sénégalaise vit en dessous du seuil de pauvreté et la majeur partie de cette population ne dispose généralement pas d’assurance maladies.

La thrombolyse consiste à détruire les caillots dans le cadre des AVC ischémiques et nécessite plusieurs facteurs dont l’un étant que le patient soit vu dans les 3 premières heures suivant l’accident vasculaire. La kinésithérapie est la pierre angulaire pour la récupération des fonctions motrices et du langage. Elle se fait après la sortie de l’hospitalisation à raison de 10 séances, 2 par semaines. Le coût d’une séance s’élève à 5000F CFA. La plupart de ceux qui respecte leurs rendez-vous récupère avec peu de séquelles.

5/ LA PREVENTION

L'AC st une pathologie redoutée et à juste titre du fait des séquelles qu’il entraine. 20% des patients décèdent un an après l’accident. 60% des patients récupèrent leur indépendance et 40% gardent des séquelles. Le mieux serait de prévenir en quoi faisant?

En ayant une bonne hygiène de vie qui consiste à:

- pratiquer une activité physique régulière(30mn/jr)

- contrôler sa tension artérielle de façon régulière si on est hypertendu

- contrôler sa glycémie (taux de sucre dans le sang) - arrêter de fumer,

- manger sainement pas trop salé, ni trop sucré, ni trop gras

- boire beaucoup d’eau chaque jour (1,5 à 2L)

- aller se faire consulter de temps en temps chez le médecin .

L’AVC est une pathologie grave du fait de ses séquelles. Cependant elle peut être évitée si on a une bonne hygiène de vie. Le plus important est de savoir reconnaitre les signes, afin que la prise en charge s’effectue rapidement.

Et comme le disait souvent un de nos maitres, le Professeur MOUSTAPHA NDIAYE, neurologue au CHU de Fann : « Tout déficit neurologique d’installation brutale, est un AVC jusqu’à la preuve du contraire ».

N’hésitez en aucun cas à amener toute personne suspecte de présenter un AVC en milieu hospitalier.

Time is brain

Source: INSERM, Google

AMADOU BALDE, Etudiant en 5ème année de Médecine



53 vues

Copyright@corpusmédical2020

Cité keur Gorgui Dakar en face Samu Assistance

telephone : +221 77 179 02 59 / +221 78 526 33 46

lecorpusmedical@gmail.com